Bonjour, je voulais vous faire découvrir un extrait de mon dernier roman : COMMENT REVIVRE SES VIES ANTERIEURES (ou l’Epopée des 7 Lieutenants), vous allez voir. Je suis certain que cela va vous plaire. On y va :
Demain, ce sera mon anniversaire ! Nadège venait de me le rappeler en souriant, alors que le robot serveur débarrassait la table. J’avais du mal à l’imaginer. J’allais avoir un an de plus demain. Je souriais à ma compagne, en terminant mon verre d’acide. Cette année était passée à une telle vitesse, que je n’avais pas eu le sentiment de vieillir. De toute façon à cette époque, j’étais encore un jeune homme. Je n’avais que 107 ans en cette belle année 3050 et toute la vie devant moi. Pensez que certains de mes amis avaient vécu jusqu’à 350 ans ! Grâce aux progrès de la science, notre espérance de vie avait bien augmenté.
Pendant un moment, je laissais mon regard errer dans la grande pièce où nous finissions de dîner. Les robots-ambianceurs avaient réalisé un joli travail. N’importe qui se serait cru dans un château ou à l’intérieur d’une grande demeure de la belle époque. Il y avait une profusion de tapis, de meubles cirés, de toiles de maître et de tenture qui recréaient cette atmosphère bourgeoise. Sans oublier le feu de bois qui crépitait dans la cheminée et la longue table de la salle à manger, où l’on s’attendait à voir des chevaliers ou des ribaudes du temps passé occupés à festoyer. Le luxe de notre époque était de pouvoirs donner l’ambiance de son choix à sa demeure grâce à des droïdes intelligents qui recréaient le style que nous souhaitions. Cela vous plait cet extrait du roman COMMENT REVIVRE SES VIES ANTERIEURES ?
- Mon amour, que veux-tu pour ton anniversaire, me demanda ma compagne, en plissant le nez d’un air désinvolte ?
- Que me proposes-tu, Nadège ?
Ma compagne était une belle black, qui faisait beaucoup plus jeune que ces 80 ans. On pouvait la décrire comme une jeune femme toujours souriante avec sa jolie couronne de cheveux noirs, sa belle figure ovale, sa lourde poitrine et ses fesses accueillantes, que j’avais plaisir à caresser. Influenceuse sur le Super Web, elle gagnait fort bien sa vie et elle semblait contente de son existence. Nous étions heureux ensemble et nous avions mille projets en tête. Mon amour réfléchit quelques instants, avant de me répondre :
- Une croisière interstellaire sur Mars ?
- Non.
- Te glisser dans la peau d’un agent secret sur Saturne à la poursuite de terroristes ?
- Pas folichon …
- Une nuit d’amour avec une strip-teaseuse à 3 seins ?
- Trop osé pour moi !
Grace à l’intelligence artificielle, on pouvait maintenant faire des croisières virtuelles dans l’espace, changer de personnalité, ou voyager dans le temps. Il suffisait de contacter un centre d’hypnose pour vivre ses fantasmes ou ses désirs les plus fous. Pour ma part, j’avais déjà réalisé un voyage de ce genre à la cour de Louis XIV, mais j’avais été assez déçu.
- Tes amis te feront la surprise, mon petit François. Ils arriveront demain à la 32e heure. J’ai déjà tout réservé et je crois que tu vas bien t’amuser.
- J’ai hâte d’y être, belle Nadège.
Au fait, j’y pense. Je manque à tous mes devoirs, cher(e)s lecteurs et lectrices. J’ai oublié de me présenter ! Je suis François Monti, webdesigner et manager d’une société florissante. Je gagne fort bien ma vie, car j’ai fait fortune dans le design monochrome. Mes revenus sont d’environ 12 000 crédits par semaine, ce qui me classe parmi les familles aisées de la zone. Je suis en couple depuis de nombreuses années avec Nadège et nous vivons une éternelle lune de miel. Notre seule déception est de ne pas avoir d’enfants. Je lui ai proposé des jumeaux virtuels, mais elle a refusé. Elle pensait que ce serait trop artificiel. Quand à moi, mes proches me décrivent comme un bel homme brun et mince au visage ovale et au sourire ravageur. De souche aristocratique, je ne porte plus mon titre de noblesse, mais autrefois l’un de mes ancêtres était monseigneur François-Henri de Montignac, comte de Montfort. Il était reçu à la cour du roi et il s’illustra même à la bataille de Nimègue. Louis XIV lui accorda alors le titre de grand capitaine de l’armée royale.
L’heure du repos approchant, nous nous téléportâmes vers nos caissons respectifs après un baiser langoureux. Pour s’endormir, mon épouse adorait voir une vieille série télé de l’ancienne époque. Quant à moi, je choisis une musique apaisante pour sombrer dans les bras de Morphée. Comme toujours, des robots soigneurs se rapprochèrent de nous pour régénérer nos cellules et hydrater notre corps pendant notre sommeil.
Le lendemain arriva et, après une journée de travail, je m’apprêtais à accueillir mes hôtes. L’heure de célébrer mon anniversaire approchait et je me demandais comment m’habiller. J’hésitais entre un smoking stylisé, une tenue décontractée de gentleman-farmer ou, pour faire snob, une salopette de mécano tâchée de cambouis. Après avoir demandé conseil au robot tailleur, j’optais pour la deuxième solution et en un clin d’œil je me retrouvais transformé. Je portais un beau pantalon en velours côtelé, un polo bien ajusté à la poitrine au look très stylé, une veste d’un joli beige clair et des chaussures étincelantes. Il ne me manquait plus que la pipe et le fusil pour être dans la peau du personnage.
Mon épouse avait bien fait les choses. Une nuée de robots s’activait pour préparer le festin. Il y avait des serveurs, des cuisiniers et des maîtres d’hôtel qui travaillaient à dresser le buffet. Nous allions nous régaler avec la multitude d’insectes comestibles et de vers de terre disposés sur la table. Nous n’allions pas mourir de soif non plus, car les meilleurs acides étaient à la disposition des invités, ainsi que quelques bouteilles d’alcool d’autrefois. En principe, ces boissons étaient interdites sur l’ensemble du territoire impérial, mais quelques trafiquants en proposaient encore. Les forces de l’ordre fermaient les yeux et j’avais peu de chance de voir arriver un robot-flic pendant la soirée. Depuis les grandes guerres de l’Empire et le changement de régime, la justice avait évolué. La suppression des cours de justice, des magistrats et des avocats avait simplifié le système. Dorénavant, toute personne ayant commis une infraction, se voyait retirer automatiquement de son cyber compte le montant de l’amende ou était téléporté vers une prison virtuelle pour y accomplir sa peine. Il n’y avait aucun moyen de contester la sanction. C'est intéressant cet extrait de COMMENT REVIVRE SES VIES ANTERIEURES ?
Alors que je bavardais avec Nadège, mes amis arrivèrent enfin. Je les accueillais chaleureusement, notamment Marc Dupraysse, mon ancien associé avec qui j’avais tissé des relations amicales. Ce colosse blond aux yeux froids était accompagné d’une belle rousse plus jeune que lui. Comme il en changeait souvent, je n’avais jamais su si ses compagnes étaient humaines ou non, car l’intelligence artificielle arrivait à créer des créatures si intelligentes et si réelles que l’on pouvait si méprendre. Pierre Goursat était présent aussi, tétant sa vapoteuse d’un air absent. Nous nous étions rencontrés à la cyber université et j’admirais son côté posé et réfléchi. Antoine Poupard me serra longuement la main, avant de me présenter son nouveau compagnon Tchang un jeune asiatique très souriant. Antoine était un petit roux assez gros, malin comme un singe, qui avait la manie de changer de partenaire tous les quatre matins. Il y avait aussi Étienne, un de mes proches, qui engloutissait des sauterelles grillées et des lombrics au buffet -un gros bonhomme brun de peau, qui avait la manie d’éclater de rire toutes les cinq minutes- et Sandrine Perceval, une de mes ex avec qui j’avais gardé d’excellents rapports. D’origine nord-africaine, elle avait un corps souple et de beaux yeux en forme d’amande. Elle possédait de nombreuses qualités, tout en étant un peu porté sur la boisson. Pour l’instant, elle se versait de grands verres d’acides mélangés avec de la vodka et je me demandais si elle n’allait pas rouler sous la table avant la fin de la soirée.
Au bout d’un moment, Marc tapa dans ses mains pour demander le silence. Il repoussa gentiment un robot serveur qui passait avec un plateau rempli de boissons. Il commença un discours mi- sérieux, mi- plaisantin afin de m’expliquer le cadeau qu’on allait m’offrir pour mes 107 ans.
- … Comme tu possèdes presque tout, mon cher François, nous avons dû faire preuve d’imagination. Nous voulions t’offrir quelque chose d’original, qui te fasse plaisir. Je dois dire que Nadège nous a aidée. Après mures réflexions, les amis et moi, nous avons enfin trouvé !
- Ça va te surprendre, mon amour, murmura ma compagne avec un clin d’œil complice.
- Voilà notre cadeau : sept séances chez un hypnothérapeute existentiel pour revivre tes vies antérieures. Tout est expliqué dans le cyber courriel que je viens de t’envoyer. Tu es content ?
- Je vais revivre mes anciennes vies ?
- Tout à fait François. J’ai déjà fait cette expérience et je dois dire que j’ai bien apprécié. C’est très simple : tu choisis une époque et tu vas revivre l’un des moments de cette époque. Tu peux par exemple choisir la préhistoire et redevenir l’homme que tu étais au temps de Cro-Magnon en train de chasser les dinosaures et de lutter pour ta survie.
- C’est fou … Je n’en reviens pas.
Mon ami Pierre s’approcha de moi et il ma tapa sur l’épaule. Puis retirant sa vapoteuse de la bouche. Il commença un long discours. C’était un grand bonhomme, très intelligent, qui avait une immense culture. Très brun, il mesurait presque deux mètres de haut et, en soirée comme dans la vie, il ne passait pas inaperçu. Il s’était laissé pousser la barbe et la moustache, ce qui renforçait son côté latin et ses faux airs de nounours.
- Comme tu le sais sans doute, le fait de revivre des vies antérieures est un thème qui a intrigué l’homme depuis la nuit des temps, précisa-t-il. L’idée que notre âme, et donc une partie de nous-même, peut voyager à travers l’espace et le temps est une thématique fascinante. Savoir que tu es issu d’une pluralité de vies et d’expériences passées, qui a forgé ta personnalité, va te donner un sentiment de paix et de plénitude. Grâce à notre cadeau, tu vas pouvoir revivre certains moments de tes vies passées.
- Je n’arrive pas encore à me faire à l’idée, Pierre.
- Tu n’es pas trop effrayé par ce que tu vas découvrir, me demanda Sandrine, qui en était déjà à sa septième boisson. Peut-être que tu vas te retrouver dans la peau d’un salaud ou d’un mafieux ?
Par télépathie, je commandais aux robots-ambianceurs de changer de décor et nous nous retrouvâmes bientôt dans une boite de nuit façon vintage. Le buffet était resté en place, mais un décor de discothèque était apparu. Tout le monde se mit à danser, en imitant les deux robots danseuses, que Nadège avait commandés et qui étaient plus vrais que nature. La fête se poursuivit jusqu’au petit matin.
Dès le lendemain, je pris rendez-vous pour ma première séance d’hypnothérapie existentielle et j’eus d’être reçu rapidement. Mon application de téléportation étant en maintenance ce jour-là, je n’eus d’autre ressource que de commander une soucoupe taxi. Je pestais contre ce contretemps, car le véhicule allait bien mettre 10 minutes pour accomplir les 32 500 kilomètres me séparant du centre d’hypnose. A l’heure de l’instantané, il était pénible de devoir passer plusieurs minutes pour effectuer un voyage. Je pris place à bord, tout en inspectant l’intérieur d’un air curieux. Ce type de véhicule imitait le style rétro et il y avait même un faux chauffeur en uniforme, qui faisait semblant de conduire en bavardant avec les clients. Cela ne manqua pas !
- Bonjour mon brave monsieur … Prenez place à bord, déclara l’automate d’une voix puissante.
- Bien le bonjour. Merci d’être à l’heure.
- Installez-vous confortablement … La course vous coûtera 52 crédits … Merci d’avoir choisi les soucoupe taxis VERJOLI car, comme vous le savez : avec VERJOLI, le voyage sera très joli, continu a-t-il alors que l’engin se mettait en route !
- Joli jeu de mots. Bien joué.
- Notre trajet durera exactement 9 minutes, 42 secondes et 3 centièmes. Souhaitez-vous voir la cyber télé ? J’ai environ 6200 chaînes en mémoire. Voulez-vous que je vous fasse la conversation ? Ma mémoire comporte 565 thèmes et je peux m’exprimer sur la plupart des sujets courants. Ou alors, préférez-vous effectuer votre voyage en silence ?
- La dernière option sera parfaite.
Il s’arrêta de parler et je rongeais mon frein en silence pendant le trajet. Comme nous voyagions à vitesse interstellaire, il n’y avait rien à voir dehors. Je commençais à appréhender cette première séance. Qu’allais-je découvrir ? Quelles seraient mes sensations ? Comment me comporter au cours de la séance ? La plongée dans l’inconnu pouvait être source de joie mais également de peurs !
J’arrivais finalement à bon port et je me retrouvais devant une femme brune d’une quarantaine d’année, qui se présenta comme le docteur Nadia Koman. C’était une brune, de taille moyenne, assez mince et dotée d’une forte poitrine. Elle portait une jolie combinaison bleue sous sa blouse. Je ne sus jamais si elle était humaine ou virtuelle. Elle m’expliqua le procédé de l’hypno thérapie existentielle appliquée aux vies antérieures. Elle me montra le robot dans lequel j’allais m’introduire pour la séance. Elle semblait posée, aimable et très professionnelle. Je me sentis tout de suite en confiance. Elle précisa enfin que la première séance serait plus courte que les autres, afin que mon organisme s’habitue au traitement employé.
- Après la première séance, les patients ressentent parfois un léger mal de tête. Néanmoins, cet état est passager et je vais donner des directives à vos robots soigneurs pour qu’un traitement soit pratiqué pendant votre sommeil. Ainsi, vous vous sentirez en pleine forme à votre réveil.
- Fantastique. Il n’y a pas d’autres effets secondaires ?
- Non, si ce n’est le ressenti que vous pourriez avoir à la fin d’une séance. Cela arrive rarement, mais il peut y avoir des souvenirs désagréables qui remontent à la surface. Dans ce cas, grâce à un procédé hypnotique, mon équipe arrivera à effacer cette mauvaise expérience.
- Vous avez tout prévu. C’est très bien.
- Avant toute chose, je dois vous mettre en garde, cher monsieur et vous ne devez pas plaisanter avec ça !
- Expliquez-vous.
- Si vous revivez une vie antérieure, surtout ne prenez aucune initiative, vous risqueriez de briser le continuum espace-temps. Je m’explique : si vous êtes transporté au temps de Louis XVI et que des souvenirs actuels vous remontent à la surface, il ne faut surtout pas essayer de changer l’histoire. Par exemple, il vous est défendu d’essayer de convaincre le roi de partager le pouvoir avec le peuple ou de convaincre Robespierre de trouver un compromis avec les autorités en place. Cela modifierait l’histoire et vous risqueriez d’être bloqué à cette époque.
- Bigre ! Vous m’en direz tant …
Je ne veux aucune plaisanterie là-dessus. Un de mes anciens patients en a fait les frais et il est resté bloqué à l’époque de la préhistoire. J’ai tout fait pour le faire revenir, mais sans succès. Le pauvre a dû finir dans l’estomac d’un Vélociraptor ou d’un Kronosaurus.
- Entendu. Je serai bien sage. Nous commençons quand ?
- Tout de suite si vous voulez. Avez-vous choisi une époque dans laquelle vous projetez pour revivre une de vos anciennes vies ?
- Après réflexion, je penche plutôt pour le XXe siècle en France et l’année 1917 en particulier.
- Vous risquez de vous retrouver en pleine guerre !
- Peut-être, mais j’ai envie de connaître cette période.
Après un sourire énigmatique, elle me désigna la machine, en me demandant de me mettre torse nu. Venu d’on-ne-sait-ou, un robot infirmier s’approcha de moi et il m’aida à me préparer. Je m’allongeais ensuite sur le plateau de l’engin et un léger bourdonnement commença à se faire entendre. Silencieusement, je pénétrais dans le corps de la machine, où je m’assoupis rapidement.
… Lorsque je revins à moi, j’étais assis dans une voiture, qui pétaradait énormément. Cela devait être une Renault AG1 Landaulet (ou une Renault de type AG classique). Je me trouvais à l’arrière sous la capote noire et un soldat conduisait le véhicule d’un air absent. Je devais être officier, car j’avais un galon sur l’épaule de mon manteau bleu horizon en laine. Je découvris rapidement que je portais l’uniforme d’un lieutenant d’infanterie avec des brodequins en cuir aux pieds, une tenue bleue claire et des cartouchières ventrales. Mon pistolet d’intendance, glissé dans un holster, pendait à ma ceinture. Nous traversâmes les faubourgs de Reims, avant que l’auto ne s’arrête devant un grand bâtiment surveillé par plusieurs militaires. Je compris qu’il s’agissait du quartier général des forces françaises. Un soldat m’ouvrit la porte en se mettant au garde-à-vous.
- Mes respects mon lieutenant. Dépêchez-vous la réunion va commencer. On vous attend.
- Repos. Rappelez moi de quoi il s’agit.
- C’est le briefing avec le général Nivelle et l’État-major pour décider de la prochaine offensive.
- Merci mon petit.
On me pilota jusqu’à une grande salle, où de nombreux gradés écoutait le généralissime, commandant en chef des armées françaises, qui pérorait à la tribune, tout en expliquant des positions sur une immense carte collée au mur. Je m’assis au dernier rang, mais l’un de mes voisins me jeta sèchement :
- Votre képi lieutenant !
- Pardon mon capitaine, murmurais je en ôtant mon couvre-chef, que j’avais oublié d’enlever à mon arrivée dans la salle.
Je commençais à me rappeler où j’étais. Des souvenirs remontaient en moi petit à petit. Promu lieutenant lorsque la grande guerre éclata, j’avais été affecté au 3e régiment des dragons. Mes hommes s’étaient bien débrouillés lors des premières batailles, même si nous avions eu de nombreuses pertes humaines. Je n’avais pas été blessé, ayant échappé de peu l’année dernière à la mitraille ennemie alors que je rentrais au camp à cheval. La vie militaire m’intéressait peu, mais il fallait que je fasse honneur à mon pays. Je me demandais encore comment bien de temps cette fichue guerre allait durer. Mais le général Nivelle s’exprimait et je me devais de l’écouter.
Montrant différentes zones sur la carte à l’aide d’une longue perche en bois, le généralissime commandant-en-chef des armées évoquait sa prochaine offensive, devant un parterre d’officiers et de gradés. Je savais que ce grand bonhomme à la moustache aristocratique n’était pas très apprécié par ses soldats. Surnommé « le boucher », on murmurait qu’il avait envoyé plusieurs corps d’armée au casse-pipe et qu’il avait beaucoup de mal à garder ses plans secrets. Il continuait à évoquer son opération, qu’il préparait depuis plusieurs mois :
« … Nous sommes le 15 avril 1917, messieurs. L’offensive aura lieu demain à 6 h du matin. L'idée de base est de percer les positions ennemies sur la ligne du chemin des Dames, entre Reims et Hurtebise, alors que les anglais attaqueront ailleurs pour tromper les allemands. Une fois le front des premières et deuxièmes lignes enfoncées, l’armée de réserve sera lancée pour exploiter la trouée et obtenir l'effondrement de l’adversaire. À cet effet, deux corps de cavalerie viendront nous épauler afin de renforcer le dispositif et de montrer aux boches notre supériorité. Pour réussir cette opération, la progression des troupes doit donc être très rapide dès le début de l'offensive. Ce sera difficile, mais néanmoins, je crois en notre victoire … Messieurs, le grand jour est arrivé … J’ai foi en vous et en vos hommes … L’heure de notre revanche est venue, confiance, courage et vive la France ! ». Pour lire le roman en entier, cliquez ici !

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